Quand le lieu d’exposition nommé “5 ème lieu” à Strasbourg m’a contacté pour travailler avec eux sur le thème de “Strasbourg fantastique” dans le cadre des rencontres de l’illustration (qui avait lui même la thématique de la peinture cette année là) je m’étais déjà décidé à ne pas travailler seulement en illustration 2D car je rêvais depuis longtemps de faire un peu d’installation, c’était donc le moment d’essayer !

Photo de mon shoji/vitrail réalisé en 2025 pour le 5eme lieu das le cadre de l’exposition “Haxewarik! Strasbourg merveilleux” par Célia Housset

Il y a plusieurs années lorsque je travaillais au design du Bus de la CTS, j’avais commencé à récupérer quelques photos des différents vitraux de Strasbourg que j’utilisais en tant que référence pour mes images. C’est un détail que j’ai toujours apprécié dans cette ville, l’omniprésence des vitraux de différentes couleurs et textures qui apportent une touche de chaleur et de lumière à la ville.

Différents vitraux que j’ai photographié à Strasbourg. A l’époque j’étais particulièrement obsédé par les reflets de lumière du jour sur les vitres et vitraux vus de l’extérieur. J’ai pris un million de photos en essayant de reproduire et simplifier ces lumières pour me rendre compte qu’au final de talentueuses artistes comme Adèle Verlinden ou Léa Murawiek avaient déjà très bien compris et simplifié ce concept. Bravo à elles, donc!
En plus de ces inspirations de vitraux alsaciens, j’avais également très envie de faire référence à une époque que j’aime beaucoup qui est l’ère Taishô au Japon ( L’ère du Japon qui recouvre la période allant du 30 Juillet 1912 au 25 décembre 1926 qui correspond au règne de l’empereur Taishô)
Le mouvement Taishô roman est un mouvement culturel et intellectuel romantique se déroulant durant l’ère Taishô (voir sur wikipedia) dont l’un des détails que j’adore sont ses vitraux aux formes géométriques et aux couleurs vives.

Vitraux de l’époque taishô dans le style art déco. J’espère avoir un jour un niveau de japonais assez bon pour parcourir le blog de la personne qui l’a posté. En attendant merci google traduction 🙂
Peut être que le trait qu’on pourrait tracer entre les deux serait du type “vitraux art déco”, donc! C’est un type d’objet que j’adore, sa présence dans un endroit amène toujours quelque chose de magique.
Pour revenir à l’oeuvre actuelle, elle était à la base censée être réalisée en résine sur pans de bois, mais un manque d’installation adaptée combiné à un manque de temps a fait qu’après plusieurs tests et recherches, j’ai dû admettre ma défaite et chercher une technique plus adaptée à mes moyens.

Après ces maints ratés j’ai fini par me tourner vers l’idée d’encoller des feuilles de mûrier sur ces mêmes pans de bois puis les peindre à la gouache…Miracle cette technique là fonctionnait! Ce n’est qu’après en avoir discuté avec une amie que j’ai appris que c’était la même technique de création que les shoji japonais.
La forme de la structure de bois ainsi que les motifs peints sur le papier de murier sont inspirés de différents colombages d’alsace, de vitraux japonais de l’ère taishô ainsi que de motifs de fresques retrouvés sur des maisons en Alsace.

Ci-joint quelques photos du livre “Arts et traditions populaires d’Alsace” de Georges Klein qui m’aura servi de référence visuelle.


A savoir que le texte peint sur ces feuilles est également un texte alsacien qui m’avait touché lorsque je l’avais lu il y a 5 ou 6 ans de cela pour la première fois.

C’est une citation retrouvée à Eckwersheim près de Strasbourg au dessus de la porte de maison des “Schmitthansen” sur un panneau peint daté de 1849. Elle vient du livre “Le mobilier polychrome en Alsace” de Georges Klein (encore lui).
“Kein Mensch lebt hier dieser Welt
Der Bauen kann dass’s Jedermann gefällt
Ob es schon nicht gefällt jedermann
So hab ich doch mein Freud daran”
traduit en :
“Personne en ce monde
Ne construit de façon à plaire à tout le monde
Même si ma construction ne plaît à personne
Moi même j’y trouve ma joie”